Comment rédiger un CV de pilote de ligne ?

Comment rédiger un CV de pilote de ligne ?

6 janvier 2020 0 Par Damien Gaignard

Si vous avez lu attentivement notre précédent article, le métier de pilote de ligne ne doit plus avoir de secret pour vous. Vous êtes peut-être même déjà en formation pour le devenir, ou en exercice. La prochaine étape de votre carrière sera donc certainement la candidature pour un premier poste ou un nouveau poste au sein d’une autre compagnie. Mais comment rédiger un CV de Pilote de Ligne ?

Contrairement aux idées reçues, un CV de pilote ne doit pas être si différent d’un CV “classique”. Les règles classiques des Ressources Humaines s’appliquent, et vous pouvez les retrouvez dans les ouvrages suivants :

Le CV d’un pilote de ligne doit toutefois faire apparaître encore plus clairement le parcours du candidat, et respecter quelques conseils de forme.

Conseils généraux

Avant tout, la première lecture du CV doit permettre à l’employeur de vérifier que vous possédez les bonnes qualifications (licences et heures de vol) et que vous bénéficiez de l’expérience demandée.

Par exemple, si l’annonce mentionne qu’il faut 500 heures de vol dont 50 heures de bimoteur, les licences CPL/IR JAA et le droit de résidence en Europe, ces éléments doivent apparaitre clairement dans les premières lignes du CV.

Les fautes d’orthographe sont bien évidemment à proscrire, et le CV se doit d’être rédigé dans la mesure du possible dans la langue de l’annonce. Si vous postulez pour une entreprise française, envoyer un CV en français reste la meilleure option car même si la langue de l’aéronautique reste l’anglais, rien ne garantit que votre lecteur sera familier avec les termes anglophones.

Enfin, d’une manière générale, efforcez-vous de rendre votre CV court et aéré. En le faisant tenir sur une page, vous ne pourrez que donner d’autant plus l’envie au Chef Pilote de le lire, et de le lire jusqu’au bout.

Quoiqu’il en soit, et comme le souligne Nicolas Tenoux (Pilote, Ingénieur et YouTuber Aéro), le CV doit contenir quatre parties distinctes :

  • Licences & Heures de vol
  • Expériences professionnelles
  • Formations
  • Langues & Loisirs
Comment rédiger un CV DE PILOTE DE LIGNE ? | Nicolas Tenoux

Titre et informations générales

Avant de passer aux quatre véritables parties, il est important de préciser plusieurs choses :

  • Votre disponibilité, surtout si elle est immédiate,
  • Votre mobilité, souvent indispensable pour un poste de pilote,
  • Votre titre, en vous concentrant sur l’essentiel. Par exemple, il est superflu d’indiquer “Pilote Professionnel et Ingénieur en Aéronautique” en tête du CV si vous recherchez un poste de pilote. Par contre, il est évidemment indispensable de le mentionner dans la partie Formation de votre CV.

Licences et heures de vol

Licences

Si vous avez réussi votre CPL et IR du premier coup, vous pouvez le préciser. Il est très rare de le voir sur un CV mais cela souligne votre sérieux. A l’inverse, si vous avez effectué 90 heures d’IFR durant votre formation qui compte 50 heures réglementaires, évitez d’insister sur ce point.

Il est inutile d’écrire Instrument Rating / Multi Engine en toutes lettres, cela encombre votre CV inutilement. IR/ME suffit car la personne qui sera amenée à parcourir votre CV n’est sûrement pas étrangère à ce genre de termes.

Si vous êtes “Pilote de surveillance incendie”, précisez le type d’avion et le nombre d’heures effectuées à ce titre, surtout si vous postulez pour du travail aérien.

Heures de vol

N’incluez pas vos heures sur simulateur dans vos heures de bimoteur et/ou IFR. Un exemple clair : si vous avez fait 30 heures de simulateur FNPT2 et 20 heures d’IFR dans l’avion réel, vous avez 20 heures d’IFR, pas 50.

Arrondissez vos heures de vol. 193 heures de vol (ou pire 207,6) n’est pas un chiffre “rond” : faites simple, arrondissez à 200 heures.

Adaptez votre CV. Si vous postulez pour une place de copilote sur Airbus A320, le décompte précis de vos heures sur DR400, C172 et C150 n’est pas forcément pertinent. Par exemple : “324h de DR400-180R, 10h de DR400-120 Dauphin 2+2, 14h de DR400-140b, 32.5h de Rallye MS893, 52h de Cessna 150, 5h de Cessna 152, 48h de Cessna 172 (dont 45 aux USA), 2h de Cessna 172 Rocket 200, 28h de DA42, 52h de FNPT2 DA42″, est d’un niveau de détail beaucoup trop important et encombre le CV inutilement. Précisez plutôt simplement les heures de DA42 en IFR, le simulateur et résumez le reste en “700 heures en avion léger”, vous aurez tout loisir de développer face au recruteur lors de l’entretien.
Par contre, préciser “324 heures de DR400-180R en remorquage planeur” pour un poste de remorqueur, ou “40 heures en instruction (DR400 / C150), FI restreint” pour un poste de FI, est évidemment pertinent.

Ne mentionnez pas la liste détaillée de toutes les variantes d’avions pilotés. Par exemple, mentionnez que vous avez fait votre IR sur Seneca pour un poste dessus, mais évitez d’écrire “DR400 (-120, -140b, 160, 160 Major…)” pour un poste sur Boeing 737.

Expériences Professionnelles

Ne parlez pas des expériences professionnelles qui n’ont aucun rapport avec le métier de pilote, notamment les “boulots étudiants” et les travaux saisonniers effectués avant les études.

Il est bon de préciser la durée de l’activité des expériences professionnelles pertinentes. Par exemple, il est évidemment plus clair d’écrire “Juin 2007 – Septembre 2007 : Mission d’intérim chez XYZ (4 mois)” que simplement “Juin 2007 – Septembre 2007 : Mission d’intérim chez XYZ”.

Décrivez succinctement les tâches liées à vos expériences : une à deux lignes maximum. Et n’utilisez pas ces deux lignes pour préciser que vous savez vous servir de SolidWorks ou Catia V5 : si vous postulez en temps que pilote, cela ne vous servira pas à grand chose et c’est surtout hors sujet.

Les références doivent être pertinentes et d’un nombre réduit. Et bien sûr, doivent vous connaître et se rappeler de vous, plutôt favorablement 🙂

Formations

Si vous avez eu mention passable ou Assez Bien au Bac, évitez de le préciser.

Si vous êtes passé par les classes préparatoires, il n’est pas forcément utile de mentionner “admis en PC*” ni vos rangs à tous les différents concours. Indiquez simplement l’école obtenue et (éventuellement) les rangs d’entrée et de sortie s’ils sont calculés.

Si vous avez fait des études d’ingénieur, mentionnez ici l’école et surtout la spécialité. Encore une fois, de manière claire et concise, par exemple : “2002-2007, INSA Lyon, Génie Mécanique”.

Pour les (nombreux) pilotes qui ont effectué leur formation à l’ENAC, inutile de répéter plus d’une fois “Ecole Nationale de l’Aviation Civile”. De même pour l’ESMA, l’IAAG/EPAG, et toutes les formations reconnues dans le milieu en France.

Enfin, pensez à booster votre CV à l’aide de formations annexes.

Langues & Loisirs

Soyez honnête avec votre maitrise des langues. Par exemple, un niveau de 800 au Toeic ne peut pas être suivi de “bilingue” ou “fluent”, au risque de perdre en crédibilité.

De même, le traditionnel “Espagnol: Parlé, lu, écrit” ne donne aucune idée de votre niveau. “Courant”, “Bilingue”, “Opérationnel”, sont des qualificatifs déjà plus clair, mais rien ne vaut le résultat à un test de niveau officiel.

Il est préférable de mentionner les pays dans lesquels vous avez réellement vécu/travaillé plutôt que de lister des dizaines et dizaines de pays visités lors de voyages de quelques jours…

Et la lettre de motivation ?

Toutes les règles évoquées ci-dessus ont un seul but avoué : faire lire votre CV au recruteur. Inutile donc, dans un premier temps, de rédiger une lettre de motivation détaillée, quelques lignes dans le mail accompagnant votre CV devraient suffire.

Et vous, quels conseils ajouteriez-vous à cette liste ?