L’avenir des pilotes de lignes

L’avenir des pilotes de lignes

21 juillet 2020 0 Par Lucas Charoff

            Vendredi dernier la compagnie Icelandair a annoncé par le biais d’un communiqué, que l’ensemble de ses PNC seront licenciés sans exception.La compagnie compte repositionner une partie de ses pilotes en cabine pour maintenir l’ensemble des services à bord, le temps que la situation économique permette une reprise du trafic et de nouvelles embauches d’hôtesses et de steward.

Heureusement, la compagnie est revenue sur sa décision en début de semaine et a trouvé un accord avec le syndicat du personnel naviguant pour maintenir les contrats jusqu’en 2025.

Malgré tout, cette annonce inédite a mis en exergue la crise que connaît le secteur aéronautique et le rôle éventuel que jouera les pilotes dans les prochaines années, d’ici à ce que la situation économique permette une reprise normal du trafic aérien.

Une croissance brusquement freinée

 La croissance continue que connaît le trafic aérien depuis le milieu du 20ème siècle a encouragé les compagnies à embaucher massivement du personnel naviguant et des pilotes pour faire voler leurs avions. La crise sanitaire de 2020 a mis un coup d’arrêt inédit à ce dynamisme et mis en suspens l’avenir des pilotes de ligne.,

En effet, les compagnies devant clouer au sol la plupart de leurs avions, l’ensemble du personnel naviguant est resté jusqu’à présent en chômage partiel ou technique.

Les compagnies majors comme Air France ou Lufthansa ont même mis en place des plans de départs volontaires pour réduire la taille de leurs effectifs et mis à la retraite certains de leurs avions gros-porteurs les plus gourmands en carburant, à l’image des A380 d’Air France et des 747 de British Airways.

La question du maintien des contrats des pilotes de lignes se pose donc alors même que certaines compagnies en manque de liquidité se sont déclarée en situation de faillite.

Une perspective de reprise

Le déconfinement annoncé dans plusieurs pays européens avant la saison estivale a malgré tout redonné de timides signes de reprises dans le secteur, à l’image d’Air Caraïbes qui annoncé la semaine dernière des taux de remplissages dépassant les 80% alors que la moyenne dans le secteur est de 86% en temps normal.

Bien que l’ensemble du réseau des compagnies ne soit pas encore couvert, les lignes liants les stations balnéaires aux grandes villes européennes connaissent un fort succès et encourage les compagnies à multiplier le nombre de rotations disponibles.

Cette reprise d’activité accompagne celle des pilotes qui peuvent désormais travailler en temps partiel sans que leurs emplois soient menacés. Mais certaines compagnies ont d’ores et déjà annoncé qu’elles ne procéderaient pas à de nouvelles embauches avant 2021 voire 2022 pour certaines d’entre elles.

Les compagnies asiatiques et du Golfe, plus grands employeurs avant la crise, ont  procédé à des coupes massives dans leurs effectifs et gelés les embauches jusqu’à l’année prochaine.

Les voyageurs d’affaires représentants plus de la moitié des revenus des majors, ne sont pas encore au rendez-vous et des acteurs qui occupent un créneau 100% Business comme « La Compagnie » ne prévoient une reprise des vols qu’à partir d’octobre.

En revanche, le rythme d’embauches que connaissait le secteur avant la crise sanitaire ne reviendra certainement pas avant 2025 en raison d’une réduction de la taille des flottes des compagnies et donc d’un besoin moindre de pilotes.

Néanmoins, les experts s’accordent pour dire que la reprise complète du trafic aérien se fera à l’horizon 2023 et qu’à moins que les compagnies aériennes fassent faillites dans leur ensemble, l’avenir du métier de pilote de ligne ne serait pas menacé.