L’aviation d’affaires au temps du coronavirus

L’aviation d’affaires au temps du coronavirus

14 avril 2020 0 Par Lucas Charoff

L’épidémie du covid-19 a fortement affecté le trafic aérien et l’aviation d’affaires n’y a pas échappé. Mais les acteurs de ce secteur se sont adaptés et participent à la lutte contre le virus. Tour d’horizon des mesures prises en cette période exceptionnelle.

Se déplacer en jet privé, un luxe comprenant certains avantages

Le jet privé est une solution élitiste qui permet de se déplacer sans le risque d’une contamination au covid-19. Il permet aux privilégiés d’éviter les avions de ligne à l’espace clos et les terminaux des aéroports où la proximité avec une centaine d’autres passagers est inévitable.
Les compagnies aériennes et les terminaux de jets privés ont adopté, comme les acteurs de l’aviation commerciale, des mesures strictes d’hygiène et ont formé leur personnel en conséquence.

Alors que les compagnies aériennes commerciales cessent leurs opérations et clouent au sol leurs avions, l’aviation d’affaires semble devenir la dernière solution pour effectuer des trajets longue distance.

L’aviation d’affaires à un rôle important dans cette crise

L’épidémie du coronavirus révèle le rôle important que peuvent jouer les jets privés en temps de crise. Ils participent en effet plus que jamais à l’effort important mené pour stopper la pandémie.
Ceux qui disposent de porte cargo peuvent être aménagés en air ambulance et ainsi transporter des patients en état critique. Le Pilatus PC24 par exemple, dernier jet du constructeur aérien Suisse, dispose d’une version médicale. La cabine est équipée de lits médicalisés, de distributeurs d’oxygène, d’une pompe à vide médicale et d’un système de communication qui permet de relier les équipes médicales en vol à celles au sol. De nombreux vols d’évacuations sanitaires en jet privé ont eu lieu en Europe depuis le début de cette crise.

Les jets privés sont aussi une solution pour les personnes qui seraient coincées à l’étranger à cause de la fermeture des frontières et de la diminution de l’offre de vols de ligne. C’est notamment le cas sur les îles dont les liaisons commerciales sont fermées comme l’île Maurice et Saint-Barthélemy.

Enfin, l’aviation sur-mesure permet d’acheminer du matériel médical rapidement et au plus près de la destination. Les courtiers peuvent affréter des avions de transport de marchandises et disposent d’une flexibilité totale pour les vols. Cette option permet d’éviter certaines contraintes des compagnies aériennes internationales de transport de fret. Par exemple, Emirates SkyCargo, grande compagnie internationale de transports de fret, ne dessert que Paris, Lyon et Nice. Là où les avions affrétés peuvent atterrir sur des aéroports régionaux et faire gagner un temps considérable pour l’acheminement.

Une hausse des réservations et des annulations simultanément

L’épidémie perturbe fortement l’aviation d’affaires. Une forte hausse des réservations a eu lieu fin février et début mars. Elle s’explique par les demandes de rapatriements d’urgence, effectuées par les ressortissants étrangers résidents dans les pays annonçant des mesures de confinement drastiques et de fermeture des frontières.

La demande s’est également matérialisée par la croissance du nombre de vols sanitaires et de transport de fret, principalement du matériel médical, vers des aéroports régionaux.
Néanmoins, de nombreuses annulations sont à déplorer par les entreprises ayant annulé leurs déplacements professionnels, ou encore par des touristes fortunés ayant renoncé à leurs vacances.

Des règles changeantes qui rendent difficile la planification des vols

Les États et les autorités de réglementation du transport aérien font constamment évoluer leurs règles depuis le début de la crise sanitaire. Les autorisations de vol étant distribuées au compte-goutte, les opérateurs de jet privé se voient donc contraints de devoir justifier certaines conditions : être domicilié à la destination indiquée, ne pas être porteur du coronavirus, ou disposer d’une autorisation de circulation particulière délivrée notamment au corps médical.

De plus, l’application des règles varie d’un pays à l’autre. Par exemple, certains pays européens interdisent l’arrivée sur leur territoire de passagers en provenance de la France, comme la Bulgarie et la Suisse. Les opérateurs doivent donc prendre en compte cette contrainte pour présenter un plan de desserte mis à jour à leurs clients.

Des aéroports de moins en moins accessibles

Avec le coronavirus, le trafic aérien régional a été fortement restreint. Plusieurs aéroports ont décidé de fermer leurs portes. D’autres ont perdu leur point de passage frontalier (PPF) suite à la décision de l’Union Européenne d’interdire toute entrée d’étrangers sur son territoire. Malgré tout, les mouvements liés au transport sanitaire et au transfert de fret restent autorisés.

C’est notamment le cas à l’aéroport de Paris-Orly. Le deuxième aéroport de France a en effet annoncé sa fermeture fin mars, mais la circulation des jets privés et du transport de fret y reste autorisée. Néanmoins, la situation demeure floue pour beaucoup de plateformes aéroportuaires et la planification des vols en est largement impactée.

L’aviation d’affaires rebondira-t-elle après l’épidémie ?

Les acteurs de l’aviation d’affaires se sont adaptés face à l’épidémie, mais le secteur tout entier connaît une crise sans précédent qui ébranle même les plus gros acteurs. Les compagnies aériennes prévoient un retour à la normale qui prendra des mois, voire des années pour revenir à l’environnement connu avant la crise. Les experts s’entendent pour dire qu’il faudra attendre 2023 pour retrouver la demande équivalente à celle de 2019.

Lufthansa, par exemple, a annoncé qu’elle allait restructurer sa flotte en retirant 42 de ses avions. Malgré cet avenir incertain, nous pouvons d’ores et déjà prévoir une reprise à moyen terme qui bénéficiera à l’ensemble des acteurs du marché aéronautique, y compris l’aviation d’affaire.

Pour en savoir plus

Retrouvez toutes les informations liées à l’aviation d’affaires sur le site de notre partenaire AeroAffaires, rédacteurs de cet article et courtiers de jets privés.

Auteur: Marc Bolle