L’Onera met au point, avec l’institut Pasteur, un médicament permettant de vaincre sa peur en avion

L’Onera met au point, avec l’institut Pasteur, un médicament permettant de vaincre sa peur en avion

1 avril 2020 0 Par Lucas Charoff

La nouvelle est tombée hier en fin de soirée. L’Onera, le centre de recherche français de recherche aérospatial a mis au point avec l’Institut Pasteur, un médicament permettant de réduire drastiquement les symptômes de stress provoqués par l’emprunt de l’avion.

La distribution des premiers échantillons est prévue pour le troisième trimestre cette année et sera disponible, dans un premier temps, dans des pharmacies basées à proximité de zones aéroportuaires et en duty-free.

Ce partenariat entre les deux centres de recherche a été mené dans le cadre de la lutte contre la peur en avion que supervise le gouvernement depuis 2016.

En effet, 20 % des Français sont sujets à la peur en avion, contre 2 à 5 % pour la majorité des autres phobies reconnues.
Comment expliquer cet écart ? Pourquoi a-t-on peur en avion, même si l’on travaille dans le secteur ? Et comment combattre ce phénomène ?
Nous avons décidé de nous pencher sur ce phénomène et de répondre à ces questions.

Pourquoi a-t-on peur en avion ?

Notre prédisposition génétique nous pousse à nous rattacher à des éléments que nous connaissons et sur lesquels nous pouvons avoir un minimum de contrôle. Dans un avion, nous ne sommes pas en contact direct avec les pilotes et ne pouvons nous référer qu’à l’équipage pour nous donner des informations sur le vol.

De plus, le fait de voler n’est pas un principe naturel chez l’homme.
Chez certains individus, la peur de tomber et d’être condamné à une mort certaine, peut provoquer des réactions d’angoisses qui se révèlent principalement au moment du décollage et de l’atterrissage.

Enfin, les rares accidents qui surviennent dans le transport aérien sont sujets à une médiatisation internationale importante avec, à l’appui, des images impressionnantes. Cette information que perçoit notre cerveau peut déclencher, inconsciemment, une peur envers ce moyen de transport, même s’il est reconnu comme étant le plus sûr statistiquement.

Les idées reçues

Plusieurs idées reçues perdurent chez les passagers malgré des mesures de sûretés de plus en plus élaborées.

Par exemple, la peur de voir son avion s’écraser si un des deux moteurs s’arrête.
Heureusement, tous les avions sont conçues de façon à pouvoir voler avec un seul des deux réacteurs en marche sur plusieurs milliers de kilomètres (4 630km par exemple pour l’A350). C’est ce qu’on appelle un ETOPS (Extended-range Twin engine aircraft Operations).

Si les deux moteurs s’arrêtent, l’avion ne va pas tomber à la verticale, car sa vitesse initiale lui permettra de planer en légère descente (20 à 25 minutes avant de pouvoir rallumer un moteur ou de prévoir un atterrissage ou un atterrissage).

Turbulences

Les turbulences surviennent lorsqu’un courant d’air froid rencontre un courant d’air chaud ou que le vent change de direction et/ou de vitesse. Ces perturbations provoquent ces secousses que nous assimilons à des turbulences ou des trous d’air.

Que nos lecteurs les plus angoissés se rassurent, aucun crash, dans l’histoire de l’aviation, n’a jamais été provoqué par des turbulences.
En effet, la structure et les ailes des avions sont conçues pour supporter une torsion supérieure à ce que les turbulences peuvent infliger à l’appareil.

Quels remèdes ?

Se confier

En parler à l’équipage ou à votre voisin de siège.
Cette méthode peut paraître basique, mais la simple concentration de votre attention sur la discussion pourra vous aider à affronter le décollage et/ou atterrissage.

Adopter un animal de soutien psychologique

Si vous ressentez le besoin d’avoir près de vous votre animal de compagnie pendant le vol, sachez que la plupart des compagnies vous autoriseront à l’amener avec vous en cabine.
Néanmoins, suite à l’abus de nombreux passagers, seuls les animaux domestiques “courants” (chats, chiens, hamster…) sont autorisés. Vous ne pourrez donc pas amener votre poney ou cobra avec vous…désolé.

Ayez des distractions : lecture, films, sommeil, etc

L’essentiel de votre vol peut être animé par des séries, films ou jeux proposés par le système de divertissement en vol. Vous pourrez donc fragmenter votre vol en les utilisant et en les rythmant par les pauses repas.
Lire un bon livre ou discuter avec votre voisin est aussi un bon moyen de se vider la tête et de penser à autre chose que votre environnement.
Enfin, les systèmes de cabines sont conçus, dans les avions modernes, pour favoriser votre sommeil et diminuer l’effet lié au jet-lag.

Soignez votre physique : buvez de l’eau, marchez

Hydratez-vous le plus possible. Les cabines des avions sont des environnements généralement secs et s’hydrater vous permettra de contrer les effets du stress et de la fatigue. Précisons que l’alcool, le café ou les sodas vont accélérer la déshydratation. Nous vous déconseillons donc d’en abuser.

Dégourdissez-vous les jambes en vous promenant dans les allées sans déranger les autres passagers. Cela vous servira à étirer votre corps dans le cas où le vol serait long.

Pour en savoir plus

Pour plus d’informations, n’hésitez pas à consulter la vidéo de Xavier Tytelman, expert en aéronautique:

Livres utiles

Précisons enfin que, malheureusement, aucun institut n’a encore de trouver de remèdes miracles pour lutter contre la peur en avion, mais nous comptons sur les avancées scientifiques et technologiques pour exaucer notre voeux jusqu’au prochain 1er avril 😉