Série Métiers #22 :  Technicienne méthodes chez Vallet

Série Métiers #22 : Technicienne méthodes chez Vallet

3 octobre 2018 0 Par Damien Gaignard

C’est au sein de la société normande Vallet que Sylvie Pilet a trouvé sa voie. Onze ans après son intégration dans les effectifs de cette PME, elle continue de gravir progressivement les échelons.

Native de L’Aigle, dans l’Orne, Sylvie Pilet constitue le parfait exemple d’une adéquation réussie entre le monde éducatif et celui de l’industrie. Car c’est bien à une dizaine de kilomètres de son lieu de résidence qu’elle a trouvé l’emploi de ses voeux. Préalablement à son entrée chez Vallet, cette femme, qui est l’une des quatre que compte l’entreprise, a commencé à appréhender le monde de l’industrie au travers d’un stage d’un mois effectué courant 2005 chez Lisi Automotive à La Ferté-Fresnel (Orne).

Une fois son dîplome de BTS Productique obtenu, Sylvie Pilet a adressé un CV spontané à Vallet, une entreprise de Rugles (Eure) dont un collègue lycéen lui avait fait part. Ce dernier y avait, en effet, effectué un stage. Via le site internet de l’entreprise, elle s’était également renseignée sur la nature des productions réalisées par Vallet. Les maquettes de soufflerie produites pour le programme Clean Sky ainsi que le virage très net pris par la société vers l’aéronautique ont finalement rapidement emporté son adhésion. 

Cet article a été écrit par la rédaction Air&Cosmos.

Embauchée initialement en CDD, lequel a été transformé en CDI un an plus tard, Sylvie Pilet a donc débuté sa carrière dans l’industrie aéronautique au poste d’opératrice d’usinage. Son rôle au sein de la société Vallet spécialisée dans l’usinage de pièces mécaniques de précision était d’assurer le rechargement de pièces destinées aux machines spéciales. Puisque la polyvalence des postes constitue une des caractéristiques fortes des PME/PMI, elle a aussi été amenée à assurer le réglage des centres d’usinage.

Forte de ces compétences, elle a ensuite intégré le service méthodes dans le courant de l’année 2010. Là, son rôle est de réaliser les programmes d’usinage de pièces tout en définissant les différentes gammes de contrôles nécessaires à leur production. A son nouveau poste, cette fille d’agriculteurs n’a pas bénéficié d’un tutorat. Elle a, cependant, pu compter sur l’aide permanente apportée par ses collègues de l’atelier.

Prise d’initiatives

Travaillant en étroite collaboration avec les collègues des méthodes et de l’atelier, Sylvie Pilet débute son travail dès lors qu’une consultation est émise par le client. Dans le cadre de la remise de cette offre pour la réalisation de pièces pour le programme Rafale ou la fusée Ariane, elle procède donc à l’examen de cette demande en effectuant différentes opérations en amont. « Je dois, en, premier lieu, effectuer l’analyse du plan et des risques. Je dois, ensuite, savoir s’il y a des montages à faire pour usiner la pièce. L’estimation du temps d’usinage pour réaliser la pièce constitue la dernière étape réalisée initialement. Lorsque la commande a effectivement été passée, j’établis la gamme de fabrication et les programmes d’usinage associés. Ces derniers impliquent les contrôles associés. En cas d’aléas, les opérateurs de l’atelier font appel à mes services. Pour ce poste qui exige rigueur, attention et sérieux, je n’ai pas besoin de connaître la langue anglaise, la clientèle étant française », raconte-t-elle.

« Bien entendu et comme nous sommes dans l’industrie aéronautique, il peut y avoir des pressions lorsque les délais de réalisation demandés sont courts. A mon poste, je prends, par ailleurs, des initiatives, notamment pour réduire le coût d’usinage des pièces. Nous essayons donc de trouver des outils plus performants pour réduire le temps d’usinage. Cela peut passer par la suppression d’une phase d’usinage de la gamme de fabrication. Mon travail chez Vallet est, en résumé, très gratifiant en ce sens que nous voyons les pièces que nous réalisons. Il y a aussi l’idée d’une évolution de carrière plus facile au sein d’une PME que celle réalisée dans un grand groupe », explique Sylvie Pilet.

Cette dernière bénéficie, en quelque sorte, d’une formation continue pour tenir compte de l’évolution des outils informatiques. Intégrant un module CFAO, l’ERP (logiciel) de l’entreprise évolue en effet en permanence. Il intègre une partie du travail des méthodes.

Pièces plus complexes

S’exprimant sur le travail de Sylvie Pilet, le directeur de site, Bernard Kowalski, indique « qu’elle peut encore progresser techniquement, c’est-à-dire réaliser les programmes d’usinage sur des machines supplémentaires et sur des pièces plus complexes ». Quittant prochainement le premier étage de l’atelier pour un tout nouveau bureau implanté au rez-de-chaussée du bâtiment, la technicienne méthodes va accompagner, à présent, les projets de développement de l’entreprise.

Vallet prévoit, en effet, de se doter d’un centre d’usinage et/ou un tour. La société anticipe également une amélioration continue de son outil informatique en définissant les nouvelles fonctions à ajouter au module CFAO. Réalisant un chiffre d’affaires de l’ordre de 2 M€, elle prendra aussi en compte l’évolution des nouveaux référentiels pour ses certifications ISO9001 et EN9100.

BIO EXPRESS

Age : 31 ans
Formation : BAC STI et BTS Productique au Lycée Napoléon de l’Aigle.
Entrée chez Vallet : juillet 2006.
Centres d’intérêt : Observation des phénomènes naturels comme les orages et les aurores boréales.