Série Métiers #17 : technicien méthodes chez Microtec

Série Métiers #17 : technicien méthodes chez Microtec

27 juin 2018 0 Par Alexandre Andriesse

En relation avec les clients et les opérateurs chargés de fabriquer des produits électroniques, Quentin Descamps doit définir et améliorer les solutions techniques de production.

Prenez un fan de l’électronique, depuis le lycée. Rajoutez une pincée de sens du challenge, une louche d’esprit méthodique et des fibres de qualités relationnelles. Remuez le tout dans une PME toulousaine spécialisée dans le câblage et les cartes électroniques. Vous obtiendrez Quentin Descamps, technicien industrialisation, méthodes et procédés.

Ce contenu est offert par Air&Cosmos.

A 29 ans, ce dernier a déjà bien roulé sa bosse. Après un bac STI Electronique à Toulouse et un BTS Systèmes Electroniques en alternance dans la société Diehl Arospace à Blagnac, il part en Savoie dans la start-up Lisa Airplane, qui développe un ULM haut-de-gamme. Au cours de ce CDD de six mois, Quentin Descamps sera chargé des systèmes électriques de l’ULM.

Mais désireux de poursuivre ses études, il intègre une licence professionnelle électronique aéronautique et spatiale à l’IUT de Rouen, ainsi que l’entreprise Matra Electronique à Compiègne comme apprenti – société qu’il démarche au salon du Bourget, son CV à la main. En 2012, sa licence en poche, le technicien mesures et essais est embauché par Matra en CDD puis CDI, en tant que technicien méthodes produits. « J’ai été formé à la méthode sur le terrain, je n’ai reçu aucune formation scolaire sur ce thème », précise Quentin Descamps. L’envie de revenir à Toulouse l’incite à postuler auprès de Microtec, qui le recrute en août 2016 comme technicien industrialisation, méthodes et procédés.

Des tâches multiples.

Sa mission : superviser et optimiser les opérations de production en tenant compte de tous les paramètres (normes, qualité, coûts, délais). Au sein de la PME, il intervient dans trois catégories de produits : les cartes électroniques, les câbles et les calculateurs complets. Ces derniers seront à terme intégrés dans des avions, des satellites, des équipements pour industriels et hôpitaux… Il explique ses différentes tâches : « J’étudie d’abord les documents des clients : le nombre de références, les composants, le plan d’implantation de la carte électronique. Ensuite, je fais le chiffrage, en déterminant le coût et les délais de fabrication de la carte. Si on remporte le marché, je commande les outillages nécessaires, je crée le programme de placement des composants CMS sur la carte pour la fabrication sur machine. » En d’autres termes, le technicien prépare la recette de cuisine d’une carte électronique, mais ce n’est pas lui qui cuisine…

« Je crée ensuite les documents avec les instructions de fabrication que je transmets aux câbleurs, aux contrôleurs, aux vernisseurs », poursuit-il. Son rôle ne s’arrête pas là : en suivant visuellement la fabrication, il doit chercher à simplifier, améliorer le process. « La méthode, c’est faire en sorte que l’opérateur sur la carte fasse l’opération la plus simple possible. » En tâche de fond, il doit assurer le suivi et le support de l’atelier pour tous les produits en cours de vie : mettre à jour la gamme de fabrication, compléter ou supprimer les informations de fabrication qui sont obsolètes, etc.

Une évidence : pour être un bon technicien méthodes, il faut être… méthodique. La rigueur et un esprit vif sont essentiels. « On a souvent des données et des dossiers à traiter en simultané, il faut réussir à ne pas s’y perdre. » Les qualités relationnelles sont aussi importantes, car l’on traite avec les clients, les opérateurs dans l’atelier, qu’il faut savoir écouter. Leurs remontées d’informations sont cruciales. Une expertise dans le cœur de métier de l’entreprise, ici l’électronique, n’est pas forcément déterminante. Quentin Descamps a ainsi rencontré beaucoup de techniciens méthodes sans connaissance de l’électronique ou autre savoir-faire. Le métier de la méthode s’applique bien sûr à tout secteur.

Conduite du changement

Dans cette PME de 110 personnes, lui se sent bien. « Ce que j’aime chez Microtec, c’est le challenge. Quand je travaillais à Matra, j’étais sur un seul process. Alors qu’ici je dois gérer toute la méthode autour des cartes électroniques. Rechercher des moyens et des nouvelles machines, de nouvelles techniques d’assemblage, montrer l’avantage à faire évoluer nos pratiques existantes. » Corollaire de ce métier d’interface, le relationnel avec certaines personnes « qui peut être difficile ». Quand on doit faire respecter des normes et des process et bousculer les habitudes des travailleurs, « le changement est rarement bien accepté. » Réussir à imposer le changement nécessite fermeté et doigté et c’est peut-être là, d’après notre technicien toulousain, « l’aspect le moins agréable ».

Côté salaire, on peut arriver après quelques années d’activités à atteindre et dépasser 2000 euros net par mois. Avec le plaisir de travailler dans un secteur attractif, qui donne des étoiles dans les yeux. Pour Quentin, évoluer dans l’aéronautique, l’avionique, le spatial, l’a toujours attiré. Son rêve d’enfant, c’était de devenir pilote. « Comme j’étais daltonien, confie-t-il, je me suis dit : si tu ne peux pas piloter un avion, eh bien tu les feras voler ! » Quant à son futur, plusieurs voies sont ouvertes. « Si un service méthodes se crée chez Microtec, pourquoi pas en être responsable… » Ou tenter l’aventure dans d’autres sociétés pour évoluer dans un bureau d’études, comme responsable d’affaires ou chargé d’industrialisation. Une chose est sûre : responsable méthodes est un poste de plus en plus recherché par les entreprises.

BIO EXPRESS

Age : 29 ans
Formation : Bac STI Electronique à Toulouse, BTS Systèmes Electroniques en alternance dans la société Diehl Arospace, puis licence professionnelle électronique aéronautique et spatiale à l’IUT de Rouen en alternance chez Matra Electronique
Entrée chez Microtec : août 2016